Le forfait 20 heures affiché 850 euros dans la vitrine de la moto-école se transforme presque toujours en addition à 1 500 ou 2 000 euros. La faute aux heures supplémentaires, à l’équipement obligatoire et à quelques frais bien planqués que personne ne vous annonce à l’inscription. Avant de signer, autant savoir où vous mettez les pieds.
Ce que le permis A2 autorise vraiment
Avec un A2 en poche, vous pouvez rouler sur toute moto limitée à 35 kW (47,5 chevaux), avec un rapport puissance/poids qui ne dépasse pas 0,2 kW/kg. Une Yamaha MT-07 ou une Kawasaki Z650 passent sans souci, à condition d’être bridées. Attention au détail qui coince : la machine d’origine ne doit pas dépasser 70 kW, ce qui exclut d’office les MT-09 ou Z900, même bridées. Le choix du modèle pèse aussi sur le tarif de votre future assurance moto, les assureurs étant particulièrement regardants avec les jeunes permis.
La restriction à 35 kW dure deux ans. Ensuite, une formation passerelle de 7 heures (entre 350 et 600 euros) suffit pour passer au permis A, sans repasser d’examen.
Les démarches à prévoir avant de démarrer
Il faut avoir 18 ans le jour de l’épreuve pratique, présenter l’ASSR2 ou l’ASR pour les candidats nés après 1988, et obtenir un numéro NEPH sur le site de l’ANTS. Rien de compliqué, mais chaque étape prend quelques jours : comptez une à deux semaines avant même de monter sur une moto.
Côté théorie, le code commun auto-moto n’existe plus depuis mars 2020. Place à l’ETM (Épreuve théorique moto) : 40 questions, 30 euros par passage, 35 bonnes réponses minimum, validité 5 ans. Et non, avoir le permis B ne dispense pas de l’ETM, contrairement à ce qu’on entend souvent en salle d’attente.

Pourquoi 20 heures ne suffisent presque jamais
Sur le papier, la formation tient en 20 heures : 8 de plateau, 12 de circulation. Dans la vraie vie, la plupart des élèves en font 25 à 30 avant de se sentir prêts. Le plateau est le vrai obstacle, avec ses manœuvres lentes et la fameuse trajectoire de sécurité ajoutée en 2020, qui simule un évitement à 50 km/h. Un exercice qui ne pardonne aucune hésitation.
Chaque heure en plus coûte entre 45 et 55 euros. Faites le calcul : cinq heures supplémentaires, c’est 250 euros qui s’ajoutent au forfait. Les seuls à s’en sortir plus légers sont les titulaires du permis A1 obtenu depuis moins de 5 ans : formation réduite à 15 heures, dispense d’ETM, budget global autour de 900 à 1 500 euros.
Le plateau et la circulation, ce qui est vraiment noté
L’épreuve hors circulation dure une quinzaine de minutes. L’inspecteur note de A à C, et il faut décrocher au moins 1 A et 3 B. Une chute pendant la phase rapide ? C’est presque toujours un C, donc un retour à la case départ.
La circulation, elle, dure désormais 32 minutes depuis novembre 2025 (contre 40 avant). Vous roulez en liaison radio avec l’examinateur qui suit en voiture. Il faut au moins 21 points sur 27 et zéro erreur éliminatoire. Dernier piège souvent oublié : le jour de l’examen, vous devez être accompagné par un moniteur de votre école, une prestation facturée environ 90 euros qui ne figure presque jamais dans le forfait de départ.
Le budget réel, poste par poste
Les offres à 650 euros affichées en grand dans la vitrine ? Elles cachent presque toujours les heures sup, les présentations à l’examen ou l’accès au code en ligne. Voici ce à quoi s’attendre en vrai :
- Forfait 20 heures : 800 à 1 300 euros (plus cher en Île-de-France, plus doux en province)
- Code ETM : 30 euros
- Heures supplémentaires : 225 à 500 euros en moyenne
- Équipement obligatoire : 400 à 800 euros (casque ECE 22.06, gants CE, blouson avec dorsale, pantalon renforcé, chaussures montantes)
- Accompagnement à l’examen : 90 euros
- Réinscription en cas d’échec : 30 à 50 euros par passage, plus les heures de remise à niveau
Total réaliste : entre 1 500 et 2 200 euros pour un débutant complet.
Les aides qui existent vraiment (et celles qui n’existent pas)
Le permis à 1 euro par jour reste ouvert aux 15-25 ans, sous forme de prêt à taux zéro remboursable sur 20 à 40 mois. France Travail peut aller jusqu’à 1 200 euros si le permis sert un projet de retour à l’emploi. Certaines régions versent 200 à 500 euros, mais la loterie géographique joue à plein : un jeune des Hauts-de-France peut toucher 500 euros, son cousin à Marseille rien du tout. Quant au CPF, souvent cité comme miracle, il ne finance en pratique que les permis pros (C, D, FIMO). Pour un A2 perso, n’y comptez pas.
Ce qu’il faut retenir avant de signer
Un candidat qui budgétise d’emblée 5 à 10 heures sup, qui compare au moins trois devis détaillés et qui regarde le taux de réussite avant le prix affiché se prépare à une facture maîtrisée. Payer 100 euros de plus à l’inscription dans une école sérieuse vaut mieux que 500 euros de rattrapage dans une autre. Et au bout du compte, les réflexes qu’on acquiert pendant ces 25 heures-là, on les garde bien au-delà du jour où on a oublié combien le permis a coûté.


