Le moteur 1.2 PureTech : une révolution entachée par la fiabilité

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Lancé en 2014 par PSA (aujourd’hui Stellantis) le moteur 1.2 PureTech a d’emblée suscité l’enthousiasme. Il a été conçu pour répondre aux exigences européennes en matière de réduction de consommation et d’émissions polluantes. De ce fait ce moteur 3 cylindres turbo, compact et léger, devait révolutionner la motorisation des modèles français. Pourtant, derrière ses performances initialement saluées se cachent de nombreux problèmes qui ont terni sa réputation.

Une conception innovante et prometteuse

Le principe du downsizing

Face aux impératifs écologiques, le 1.2 PureTech a été pensé dans l’optique du downsizing. Le principer est de réduire la cylindrée pour diminuer la consommation de carburant et les émissions de CO₂. Bien sûr tout cela en conservant des bonnes performance. Ce moteur, capable de délivrer jusqu’à 155 chevaux, représentait une promesse d’efficacité et d’économies sur le long terme.

La courroie de distribution humide, un choix technologique qui se voulait audacieux

Pour optimiser la compacité et réduire les frictions, le 1.2 PureTech adopte une courroie de distribution humide. C’est-à-dire immergée dans l’huile moteur. Cette technologie était supposée offrir une durée de vie prolongée et un fonctionnement silencieux par rapport aux courroies à sec ou aux chaînes.

Des problèmes techniques aux conséquences lourdes

La dégradation prématurée de la courroie

L’un des défauts majeurs du PureTech concerne sa courroie de distribution. Conçue à la base pour tenir jusqu’à 180 000 km ou 10 ans, elle se détériore souvent bien avant, parfois dès 50 000 km. La cause principale ? Un problème d’étanchéité des segments de piston qui laisse passer de petites quantités d’essence dans le carter d’huile. Ce mélange huile–essence, corrosif par nature, accélère l’usure de la courroie. Dans le pire des cas cela peut entraîner des résidus qui obstruent la crépine de la pompe à huile. Les conséquences sont dramatiques : perte de pression d’huile, baisse de puissance, voire casse moteur en cas de défaillance critique.

courroie distribution puretech

ℹ️ A savoir : Stelantis a également mis en oeuvre une plateforme de réclamation qui vous pouvez retrouver sur ce lien.

Autres dysfonctionnements

Outre la problématique de la courroie, plusieurs autres soucis ont été rapportés par les propriétaires :

  • Consommation excessive d’huile : Des segments de piston inefficaces permettent à l’huile de s’infiltrer dans la chambre de combustion, obligeant les conducteurs à en rajouter régulièrement.
  • Problèmes de turbo : Une lubrification insuffisante. Celle-ci est souvent souvent liée à une crépine bouchée ce qui met en péril la durée de vie du turbo. De ce fait cela entraine des bruits anormaux et des risques de casse.
  • Défaillance de la pompe à vide : Élément essentiel pour l’assistance au freinage, cette pompe peut présenter des signes de fatigue prématurée. Cela à aboutit un rappel constructeur.
pb crépine puretech

Ces défaillances, largement médiatisées, ont conduit à des actions collectives et à des plaintes contre Stellantis, pour défaut de conception majeur.

Réactions et évolutions techniques

Face à l’ampleur des problèmes, Stellantis a finalement annoncé des modifications techniques. La solution la plus notable consiste au passage d’une courroie humide à une distribution par chaîne sur certains modèles. C’est notamment le cas sur les motorisations hybrides et certains véhicules thermiques comme le DS3 Crossback, l’Opel MOCA ou la nouvelle C3.

Pour les propriétaires souhaitant vérifier le type de distribution de leur moteur, il suffit d’ouvrir le bouchon de remplissage d’huile. Vous verrez soit une courroie soit une chaîne de distribution.

Conseils pratiques pour les propriétaires et futurs acheteurs

Entretien régulier et respect des préconisations

Si vous possédez déjà un véhicule équipé du 1.2 PureTech ou envisagez d’en acheter un, la vigilance est de mise. Voici quelques recommandations :

  • Vidange fréquente : Effectuez une vidange tous les 15 000 km, surtout si vous effectuez principalement des trajets urbains.
  • Utilisez la bonne huile : Depuis octobre 2024, la spécification recommandée est la 5W30 FPW9 et non plus la 03. Respecter cette consigne est crucial pour limiter la dégradation de la courroie.
  • Privilégiez le carburant 98 : Le 95 E10, contenant de l’éthanol, semble moins adapté à ce moteur.
  • Contrôlez la courroie : Un contrôle régulier permet de détecter une usure prématurée et d’agir avant l’apparition de symptômes graves.
  • Entretenez-vous en garage : Faire réaliser l’entretien dans un garage agréé garantit l’émission d’une facture, indispensable en cas de recours en garantie.

Pour la revente

Le marché de l’occasion est impacté par la réputation du PureTech. Certains vendeurs tentent même de dissimuler la référence « PureTech » dans les annonces. Si vous envisagez de revendre votre véhicule, il est judicieux de bien documenter les entretiens réalisés et de rester transparent sur l’historique du moteur.

Conclusion

Le 1.2 PureTech, bien que salué pour ses performances et son efficacité énergétique à ses débuts, est aujourd’hui souvent synonyme de problèmes de fiabilité. Entre la courroie de distribution qui se détériore prématurément, la consommation excessive d’huile et les problèmes de turbo et de pompe à vide, ce moteur pose de réels défis aux propriétaires. Pour ceux qui possèdent ou souhaitent acquérir un véhicule équipé de cette motorisation, l’entretien rigoureux et le suivi des préconisations constructeur demeurent les meilleures garanties pour éviter de mauvaises surprises.

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